Capitole du Libre 2026

Un SSO ne fait pas une plateforme : une alliance d'éditeurs rivaux contre Microsoft 365
14/11/2026 , A302

Les alternatives libres ont énormément progressé : Mail, agenda, drive, visio, édition collaborative : sur le cœur fonctionnel. Essayez maintenant de joindre un fichier du drive à un mail. Vous téléchargez, puis vous ré-uploadez. En 2026. Chez Microsoft, ça fait quinze ans que ça marche en deux clics.

Le maillon manquant n'est plus fonctionnel : empiler d'excellents services derrière un SSO ne fait pas une plateforme, ça fait un portail. Ce qui manque, c'est l'interopérabilité des parcours inter-services — l'interopérabilité d'expérience. Voilà pourquoi « there is no alternative » reste l'argument des décideurs, alors même que chaque brique libre a atteint une maturité inédite.

Cette conférence raconte comment plus d'une dizaine d'éditeurs européens, concurrents directs, se sont mis autour d'une table pour la construire : LINAGORA, Collabora Productivity, Univention, Jalios, XWiki, Jamespot, Open-Xchange, LaSuite.coop, la DINUM, Interstis ...

Le modèle assumé, c'est la Wi-Fi Alliance. On croit qu'elle a gagné en écrivant une norme : faux, la norme IEEE 802.11 existait déjà et n'avait rien déclenché. Ce qu'elle a inventé, c'est la certification de l'interopérabilité et une marque de confiance. Des rivaux s'y sont alliés parce qu'aucun n'était assez grand pour imposer seul sa technologie. Exactement notre situation.

D'où la méthode : pas de comité de normalisation de trois ans, mais un hackathon. Premier cas d'usage, le plus banal et le plus structurant de la workplace — le sélecteur de fichiers. Résultat en deux TechSprints : 5 Drives, 8 clients, 21 interconnexions réelles, une spécification publique sur GitHub. Tout est ouvert, tout est là.

Les applications alternatives à M365 sont excellentes. Le problème, c'est ce qui NE se passe PAS entre elles.

Au programme : la démo, ce que « capability & intent casting » veut dire concrètement, les choix techniques (freedesktop, WOPI, OIDC) et ce qui ne marche pas encore. Et surtout, comment nous rejoindre — parce qu'un standard sans implémenteurs n'est qu'un fichier Markdown de plus.


Quel est le public visé ?:

développeuses et développeurs, intégrateurs de solutions libres, contributeurs aux suites bureautiques et collaboratives, DSI publiques en quête d'alternatives souveraines.

Cofondateur de Cozy Cloud, pionnière du cloud personnel open source, j'y ai imaginé des architectures permettant d'articuler des services autour des données d'une personne.
Au fil d'intégrations concrètes réussies — d'abord autour de Twake.ai de LINAGORA, puis avec les services de La Suite de la DINUM — nous avons appris concrêtement comment réaliser cette intégration/articulation de services, ce qui marche, et ce qui ne marche pas. Et surtout : que ces patterns pouvaient être généralisés, au bénéfice de tout l'écosystème. Car empiler d'excellents services derrière un SSO ne fait pas une plateforme.
De cette conviction est né Open Buro : un standard réaliste d'orchestration de services. Aujourd'hui, le mettre en œuvre est possible. Le moment est venu !